Nous avons tous subi des traumas : Les idées erronées au sujet du traumatisme
Peu d'entre nous échappent totalement au traumatisme. Souvent associé à des événements d’une violence extrême comme un viol, un attentat ou une guerre, le terme « traumatisme » recouvre en réalité une palette bien plus large d’expériences.
Des situations apparemment moins spectaculaires, comme des paroles blessantes, un manque d’affection, des humiliations répétées, un divorce, un rejet social ou une perte, peuvent également engendrer des traumatismes profonds.
Ces expériences, bien que discrètes, laissent des traces invisibles qui influencent profondément nos comportements, nos relations, et notre façon de percevoir le monde à l'âge adulte.
Elles se traduisent souvent par des difficultés à établir des liens de confiance, une estime de soi fragilisée, ou encore des mécanismes de défense qui nous protègent tout en nous isolant.
Qu'est-ce que le traumatisme ?
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Le traumatisme peut être défini comme un événement ou une série d’expériences douloureuses qui modifient le cours de notre vie de manière négative. Par exemple, grandir dans un environnement où les parents rabaissent, humilient ou négligent peut conditionner un adulte à adopter des schémas comportementaux destructeurs, tels que l’évitement, les relations toxiques, la dépendance affective, les addictions ou la violence. Ces blessures profondes, souvent liées au rejet, à l’abandon, à l’humiliation, à la trahison ou à l’injustice, façonnent nos interactions et la perception que nous avons de nous-mêmes, laissant des cicatrices invisibles qui orientent nos choix de vie à long terme.
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Le traumatisme peut être perçu comme un figement dans le temps et dans l’espace, où l’individu revit des événements passés, comme si ceux-ci se déroulaient dans le moment présent. Michel Schttecatte, psychiatre, explique que ce figement, de nature physiologique, a des conséquences psychologiques et sociologiques. Contrairement aux animaux, qui peuvent se défiger après un événement traumatique, l’être humain est souvent incapable de sortir de cet état figé, car son cerveau inhibe les réponses instinctuelles et crée une représentation du monde qui peut entraver sa guérison.
2 formes de traumatisme
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Le traumatisme de choc. Il est lié à un événement soudain tel qu'une agression, un accident ou une situation mettant notre vie en danger.
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Le traumatisme de développement. Il est provoqué par des menaces d'ordre relationnel (manque de respect, humiliation, injustice, rejet, regard malveillant, etc.). L'enfant, n'ayant pas la capacité de protester, préfère rester en silence par crainte de rompre le lien d'attachement, essentiel à sa survie. L'enfant préfère s'accuser lui-même avec notamment pour conséquences des somatisations. Il ne peut pas reconnaitre que son parent est déficient. Il retourne alors la colère contre lui avec par exemple la haine de soi, le jugement de soi etc.
Les conséquences du traumatisme sur l'individu
Le traumatisme commence dès l’enfance, lorsque l’enfant s’adapte ou se suradapte pour obtenir l’approbation de ses parents, souvent au détriment de ses propres besoins. La quête d’amour et d’attention peut amener un enfant à percevoir la violence ou la maltraitance comme une forme d’attention. Ce schéma devient alors une référence que l’adulte reproduira, que ce soit de manière fidèle ou en réaction à cette expérience.
Sans nécessairement recourir à la violence, un enfant peut également développer des stratégies d’adaptation, comme un surinvestissement dans la sphère intellectuelle, devenant ainsi une « tour de contrôle » émotionnelle pour anticiper les humeurs et les besoins des autres, afin d’éviter les conflits ou le rejet. Cette attitude peut engendrer un détachement de soi et une perte d’authenticité.
Le traumatisme peut aussi nous faire sacrifier notre véritable essence pour nous conformer à ce que l’on nous a demandé d’être, ce qui nous coupe de notre identité profonde.
Reconnaître les symptômes d’un traumatisme
Il est crucial de reconnaître les signes d’un traumatisme, qui peuvent varier d’une personne à l’autre. Parmi les symptômes courants, on peut observer :
– Cauchemars récurrents et perturbateurs
– Anxiété constante et sentiment d’inquiétude généralisée
– Agitation et difficulté à se détendre
– Hyperactivité ou incapacité à rester en place
– Irritabilité accrue ou réactions disproportionnées aux situations
– Hyper contrôle des situations, des émotions ou des autres
– Hyper vigilance excessive
– Problèmes d’attachement ou incapacité à créer des relations profondes
– Sentiment d’insécurité dans les interactions sociales
– Comportements autodestructeurs ou troubles alimentaires
– Dépression avec perte d’intérêt pour les activités habituelles
– Culpabilité excessive et sentiment d’indignité
Ces symptômes peuvent signaler que des blessures non résolues impactent la qualité de vie de l’individu, rendant essentiel le travail sur le traumatisme.
Libération et guérison du traumatisme
Se libérer d’un traumatisme ne peut pas être accompli simplement par la force de la volonté. En réalité, c’est même impossible. Les croyances limitantes qui émergent de traumatismes ne peuvent pas être simplement remplacées par des croyances positives ou des techniques d’affirmation. Lors du traumatisme, le système nerveux autonome programme une réaction de figement pour assurer la survie. C’est une réponse biologique automatique, et non un simple dysfonctionnement psychologique.
Pour guérir du traumatisme et sortir de cet état figé, il est nécessaire de permettre à la réponse inachevée, liée à l’événement traumatique, de se réorienter dans le temps et l’espace. Ce processus permet au corps de reprendre son élan vital là où il a été interrompu.
Dans le cas des traumatismes de choc, la guérison repose sur une approche par la conscience corporelle. En reconnectant avec les cinq facettes de l’expérience — les sensations, les images, les mouvements, les émotions et les pensées — on accède à l’énergie vitale bloquée. Cette approche holistique permet de défiger progressivement l’organisme et d’amorcer la résolution du traumatisme.
Pour les traumatismes de développement, qui résultent de situations répétées dans l’enfance, la guérison implique de libérer la colère contenue dans la scène clé et de renégocier ce qui s’est joué à ce moment-là. Il n’est pas nécessaire de revivre pleinement l’événement traumatique pour s’en libérer. Ce travail se fait en revenant à l’intelligence du corps, qui porte les mémoires et les réponses aux blessures, et qui sait comment guérir si on lui en donne l’opportunité.
C’est en reconnectant avec le corps et en intégrant ces réponses inachevées que la guérison profonde peut véritablement s’opérer.
Comprendre le traumatisme pour mieux se libérer
Le traumatisme, loin d’être un simple événement isolé, est consubstantiel à la condition humaine. Il influence nos comportements, nos décisions et notre société. Prendre conscience de son impact est essentiel pour amorcer un chemin de guérison.

